Une peinture fraîchement posée sait parfois décevoir: traces inattendues, reflets ternes, défauts qui s’invitent sans prévenir. Les consignes des fabricants de peinture restent souvent évasives sur l’étape du nettoyage, mais alertent sur les risques d’adhérence. Pourtant, même chez les pros, certains font l’impasse sur le lessivage, convaincus que les apprêts corrigeront la paresse du support.La réalité est plus terre-à-terre : un mur peut sembler propre et cacher encore des poussières, des résidus graisseux ou des dépôts invisibles à l’œil nu. Ignorer le nettoyage, c’est ouvrir la porte aux cloques et aux auréoles, même en misant sur une application méticuleuse ou une peinture haut de gamme.
Préparer ses murs avant de peindre : ce qu’il faut vraiment retenir
Avant de tremper le rouleau, chaque surface raconte sa propre histoire : poussières incrustées, anciennes taches de graisse, traces oubliées ou restes de moisissure qui résistent dans les moindres recoins. Le lessivage ne relève pas seulement de l’esthétique. Cette étape débarrasse le mur de tout ce qui s’y est fixé avec le temps, assure à la peinture une accroche parfaite et garantit un rendu qui traverse les années sans faiblir. Bâcler la préparation, c’est accepter de voir la peinture s’écailler ou révéler des défauts qui ruinent l’apparence générale.
Lessiver, c’est aussi lever le voile sur l’état réel du mur. Des fissures et trous jusque-là invisibles apparaissent souvent une fois le nettoyage terminé. À ce stade, un enduit de rebouchage devient indispensable avant d’envisager la sous-couche. Que le mur soit en plâtre, en béton, recouvert de vieilles peintures ou d’un papier peint récalcitrant, ce diagnostic minutieux s’impose pour viser un résultat lisse et uniforme.
En rénovation, chaque étape compte. Pour viser un résultat durable, la préparation suit un ordre précis :
- Dépoussiérer entièrement les surfaces, du plafond jusqu’aux plinthes
- Nettoyer avec un produit adapté à la nature du mur (lessive Saint Marc, savon noir, cristaux de soude…)
- Rincer abondamment à l’eau claire, puis patienter une journée entière pour garantir un séchage complet
- Reboucher les trous ou fissures à l’enduit, avant de passer la sous-couche
Impossible de zapper l’étape du lessivage : elle précède systématiquement la sous-couche. Sur une base propre, la peinture révèle pleinement sa couleur et conserve son éclat, sans mauvaise surprise. Prendre le temps de bien préparer, c’est s’assurer d’une tenue irréprochable et d’une facilité d’entretien, aujourd’hui comme lors de futurs travaux.
Lessivage obligatoire ou simple formalité ? Mettre les choses au clair
Le lessivage de mur avant peinture suscite parfois des débats. Certains ne dérogent jamais à cette règle, d’autres la jugent superflue, quitte à voir leur travail perdre en qualité. Lorsque l’objectif est une adhérence parfaite et un rendu sans mauvaise surprise, le choix ne fait guère de doute. Les grandes marques du secteur, Dulux Valentine, V33, Sikkens, Ripolin, Peinture Zolpan, Renaulac, Liberon, Owatrol, Bulteriore, l’indiquent noir sur blanc dans leurs notices : la préparation du support est incontournable, avant toute sous-couche ou finition.
La raison est simple. Un mur couvert de graisse, de poussière ou de traces de mains ruine l’accroche, même avec la meilleure peinture. Résultat : cloques, écailles, irrégularités surgissent dès la première couche. Le lessivage efface ces obstacles et crée une base saine pour les étapes suivantes.
Tout dépend du contexte. Sur un mur neuf, sec, qui n’a jamais été sollicité, un simple dépoussiérage peut suffire. Mais dans la majorité des cas, salon, cuisine, couloir, la préparation humide reste incontournable. Ce geste n’a rien d’un réflexe suranné : il répond à une exigence de qualité et de pérennité du revêtement, partagée par tous les professionnels.
Conseils pratiques : nettoyer efficacement pour une peinture résistante
Organiser l’espace, protéger les alentours
Avant de s’attaquer au mur, mieux vaut préparer la pièce. Disposez une bâche de protection sur le sol et les meubles. Installez du ruban de masquage sur les plinthes, prises et interrupteurs. Réunissez votre équipement : seau, éponge douce, brosse souple, gants et lunettes de protection. Un matériel prêt d’avance simplifie la tâche et évite les mauvaises surprises lors du nettoyage.
Adapter la solution de nettoyage à la saleté
À chaque type de salissure, sa méthode. Pour un mur peu encrassé, optez pour de l’eau tiède additionnée de lessive Saint Marc ou de savon noir. Face à des traces de gras ou de moisissure, préférez un mélange d’eau chaude et de cristaux de soude (en vérifiant toujours la résistance du support). Le vinaigre blanc fait des merveilles dans les zones humides. Avant de nettoyer l’ensemble, testez systématiquement votre produit sur une petite zone, notamment si le mur est fragile ou recouvert d’un vieux papier peint.
Pour mener la préparation à bien, voici les gestes à suivre :
- Nettoyez du bas vers le haut pour limiter les traces de coulures
- Rincez à l’eau claire, sans saturer le support
- Séchez soigneusement avec un chiffon propre et attendez au moins 24 heures avant de poursuivre
Le lessivage achevé, inspectez avec attention la surface. Repérez les fissures ou trous à traiter à l’enduit pour gagner du temps ensuite. Avant d’ouvrir le pot de peinture, vérifiez que le mur est totalement sec. Dans une pièce peu ventilée, l’usage d’un ventilateur ou d’un déshumidificateur accélère le séchage. Cette préparation minutieuse n’a rien d’accessoire : elle conditionne une adhérence fiable et une durabilité maximale pour la peinture.
Préparer ses murs, c’est offrir à la peinture l’opportunité de traverser les années sans faiblir. Choisir la rigueur, c’est miser sur un résultat qui résiste au temps et aux aléas du quotidien.


